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Odoo en Belgique : ce qu’une PME doit vérifier avant de signer

18 septembre 2026 par
z80, Sebastien Schmets

On m’appelle souvent juste avant de signer. Un devis Odoo Online, un partenaire Gold sur le site, parfois un intégrateur de Liège ou de Namur. La question n’est pas « Odoo ou pas ». C’est plutôt: est-ce qu’on a posé les bonnes questions avant de coller une signature.

Odoo SA est belge, Grand-Rosière. Ça aide pour la localisation. Ça ne dit rien sur qui va s’asseoir avec vous après le go-live. Le badge sur odoo.com/partners, non plus. Ready, Silver, Gold: ce sont des seuils commerciaux — utilisateurs Enterprise nets par an, gens certifiés, taux de rétention. Pas une note de qualité pour une PME de douze. J’ai rouvert l’annuaire Belgique le 18 septembre 2026: 135 partenaires listés, dont 18 Gold, 30 Silver, 87 Ready. Les critères sont sur become-a-partner. Gold, c’est 300 nouveaux utilisateurs Enterprise par an. Une boîte de Liège à quinze postes peut être un mauvais match pour une usine qui en moyenne en pose bien plus.

z80 n’est pas sur cette liste. On est intégrateur / consultant à Liège. On déploie Odoo, on ne revendique pas le badge. Autant le dire tout de suite.

Partenaire officiel ou intégrateur

Les deux font du cadrage, de la config, de la formation. La différence, c’est le contrat avec Odoo SA: commission sur les licences, visibilité sur le site, accès partenaire. L’implémentation, elle, reste un service. Odoo le dit: pour une PME sous cinquante, on peut aussi travailler directement avec eux (Success Packs). Au-delà, le marché pousse vers un partenaire local. Ça ne veut pas dire qu’un indépendant certifié, ou un intégrateur hors annuaire, est interdit. Ça veut dire: qui répond le mardi quand la facture Peppol bloque.

Avant de signer, j’écrirais trois questions. Qui sera dans la salle, en français, après le go-live? Est-ce qu’on reste sur du standard, ou est-ce qu’on va customiser? Et le Peppol belge: est-ce déjà allumé sur une base réelle, pas une démo?

Online, Odoo.sh, ou chez vous

Trois cases. Pas une seule.

Odoo Online, c’est le cloud d’Odoo. Pas de modules Python custom, pas de dépôt Git pour coller des addons tiers. Le plan Standard y est lié: toutes les apps, Online seulement. Pour beaucoup de PME, ça suffit. Moins de machine à maintenir.

Odoo.sh, c’est la plateforme CI d’Odoo: branches développement, staging, production, modules custom. Il faut le plan Custom. L’hébergement Odoo.sh est en plus, c’est écrit sur la page tarifs. Zone Europe: datacenter GCP à Saint-Ghislain, Belgique — FAQ odoo.sh, 4 septembre 2026. Les lieux « ne sont pas contractuellement garantis ». Datacenter belge ≠ contrat belge avec un hébergeur que vous avez choisi. Si le client veut un contrat d’hébergement belge, on-prem ou un hoster belge, c’est une autre réponse.

On-premise, vous (ou votre intégrateur) hébergez Enterprise vous-mêmes. Même plan Custom. Mises à jour, backups, correctifs: à vous. Odoo.sh phase out les vieilles versions à six ans; Odoo 14 sort le 31 octobre 2026. Rester collé à une vieille version n’est pas un plan.

Le RGPD, la résidence des données en Belgique, ce n’est pas la souveraineté. L’infra derrière Odoo.sh Europe, c’est Google. Si quelqu’un dans la salle demande un contrat d’hébergement belge, on le dit clairement.

Standard ou Custom

J’ai revérifié odoo.com/pricing le 4 septembre 2026. Affiché en dollars depuis ici; je ne copie pas d’euros.

Standard: toutes les apps, Odoo Online uniquement.

Custom: Studio, multi-sociétés, API externe, et le choix Online / Odoo.sh / on-premise. L’hébergement sh n’est pas dans le prix de base.

Si vous avez besoin de Studio — un champ, une automatisation un peu tordue — ou qu’un autre logiciel appelle Odoo en JSON-RPC / XML-RPC, c’est Custom. Installer Studio sur un Standard bascule. Si Odoo pousse vers l’extérieur (banque, transporteur, paiement), leur FAQ dit que ce n’est pas de l’« External API ». Les modules Python custom, les apps du store hors standard: pas sur Online Standard.

On ne prend pas Custom « au cas où ». On le prend quand la liste des besoins le demande. Sinon on paie pour une porte qu’on n’ouvrira pas la première année.

Peppol et la localisation belge

Depuis le 1er janvier 2026, entre assujettis belges, la facture B2B structurée n’est plus un PDF par mail. J’ai déjà détaillé la loi et l’arrêté dans facturer depuis Excel. Ici, juste le filtre Odoo.

La doc Belgique 19.0: à l’activation Peppol, EAS 0208 (numéro d’entreprise), endpoint = numéro d’entreprise, format client BIS Billing 3.0. Odoo peut servir d’access point. La localisation l10n_be amène le plan comptable, les taxes, Intervat, CODA, SODA; CodaBox existe en module. Ce n’est pas « Odoo + on verra Peppol plus tard ». C’est dans le périmètre du jour un, pour une PME belge qui facture en B2B.

Questions utiles avant signature: qui active Peppol sur la base? Qui vérifie que les clients sont joignables sur le réseau? Que fait-on si un fournisseur envoie encore un PDF hors mandat? Et le B2C, hors obligation: on ne mélange pas les flux.

Avant de coller la signature

Une feuille. Pas un cahier des charges de quatre-vingts pages.

  1. Combien d’utilisateurs qui ouvrent vraiment le backend — pas le portail client.
  2. Online suffit-il, ou a-t-on déjà une liste de custom / API / multi-sociétés?
  3. Qui héberge, avec quel contrat, et où sont les backups qu’on a déjà restaurés une fois.
  4. Peppol BE: EAS 0208, BIS 3.0, test d’envoi et de réception sur cinq factures réelles.
  5. Qui forme, qui répond après le go-live, en français, sans ticket qui disparaît.

Le badge Gold n’est sur aucune de ces lignes. Un devis clair, avec le plan (Standard ou Custom), l’hébergement, et le Peppol allumé, oui.

Si la feuille coince encore après une semaine, info@z80.be, +32 494 111 041, www.z80.be — on regarde le cadrage, pas un projet usine de dix-huit mois.

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